07 avr 2016

Combien de temps les gens auront-ils encore besoin d’une banque ?

Rien à voir avec l’affaire « Panama Papers »,

07 avr 2016

80805e8e21650634e3dba8d9e1476db8Rien à voir avec l’affaire « Panama Papers », la question peut aujourd’hui être posée :

Pourrions-nous, demain matin, nous passer des banques ?

Schématiquement, le rôle d’une banque est celui d’intermédiaire-conseil, où l’expérience client est centrale, ou en tout cas devrait l’être. Certains nouveaux acteurs attaquent la montagne bancaire par la face nord (le compte Nickel, Orange via Groupama Banque, mais aussi potentiellement demain les GAFA), quand d’autres start-ups plus spécialisées – attaquent sur les flancs…

 Désintermédiation de la relation, big data et robots advisors, plateformes de co-financement, prêts entre particuliers, nouveaux moyens de paiement, … on a rarement vu un secteur à ce point cerné !

fintech

Si les clients n’abandonneront évidemment pas leur(s) banque(s) dès demain matin, et si les acteurs traditionnels réagissent en se rapprochant de fintech, le fait est que c’est bien le business model bancaire qui est battu en brèche. Et une question se pose : les gens pourraient ils se passer d’une banque ? Il semble bien que oui.

En effet, quand un robot advisor est capable à la fois d’ingérer toutes les données des marchés financiers tout en intégrant des filtres personnalisés, il joue le rôle de courtier avec un réel niveau de personnalisation. Ces algorithmes n’ont rien de révolutionnaires en soi, la vraie disruption est que les clients peuvent désormais en profiter directement, sans intermédiaire.

Comment les packages standards de gestion des finances proposés par les banques et facturés au prix fort, peuvent-ils rester compétitifs alors que leur valeur ajoutée est aujourd’hui objectivement faible ?

Quelles perspectives pour le conseiller d’une agence bancaire face à une simplification et une automatisation de toutes les tâches courantes ?

Face aux nouveaux acteurs positionnés sur les prêts entre particuliers (248 M€ octroyés uniquement par Prêt d’Union depuis sa création) ? Face aux plateformes de crowd-funding permettant aux entrepreneurs d’emprunter sans recourir aux banques ?

Ces plateformes ont représenté au niveau mondial, 335 milliards de dollars en 2015. Et en France, petit pays dans le secteur, les montants empruntés sur le 1er trimestre 2016 ont représenté la moitié de la collecte de toute l’année 2015… Au delà de leur poids grandissant, ces plateformes offrent un atout de taille aux entreprises en recherche de financement : 3 semaines seulement entre le dépôt d’un dossier et la récupération des fonds !

crow_OK

Enfin, pour les opérations les plus simples, payer quotidiennement avec son mobile ne renforcera-t-il pas notre sentiment d’être un client Samsung ou Apple, plutôt que Société Générale ou BNP Paribas ?

Et quand on sait que les cartes bancaires comme moyen de paiement représenteraient le quart de la rentabilité des banques de détail, soit 4,4 Mds€…

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L’amélioration de l’expérience client, comme levier défensif et arme de temporisation.

Au delà de l’innovation technologique, les start-ups proposent une autre expérience client. Et c’est bien ce qui fait plaît et contribue à rendre obsolète – au moins en perception – les modèles traditionnels. Plus de rapidité, plus de simplicité, plus de transparence. 3 clés de succès dont les banques doivent s’emparer pour garder le contrôle dans un environnement en pleine mutation et dont l’évolution semble de toute façon inéluctable.

De nouvelles propositions servicielles – bien au delà de simple messages déclamés en communication – utiles et à forte valeur d’usage pour les clients. Car le pouvoir est de moins en moins dans les banques, et de plus en plus entre les mains des gens…

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